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Blog UNION LOCAL 05 CNT AIT

BLOG DE l'UNION lOCAL 05 HAUTES ALPES CNT-AIT .divers , anarchisme et anarchosyndicalisme , luttes et réflexions

Samedi 9 novembre 2013 16h place Pie AVIGNON

Publié le 8 Novembre 2013 par cnt-ait-05.over-blog.com

 Samedi 9 novembre 2013 16h place Pie

Ramenez de quoi faire du bruit, la fête...


Ci-dessous le communiqué des expulsé-e-s :

Violente expulsion de la GangGraine et de la Vis-la-Résistance à Avignon


Depuis février 2013, nous occupions deux maisons à la périphérie
d'Avignon en ceinture verte : la GangGraine, un collectif d'habitant-e-s,
et la Vis-la-Résistance, un espace autogéré d'activités. Elle avaient été
rachetées par l'état en 2007 dans le cadre du projet autoroutier LEO
(Liaison Est-Ouest),

Ce mardi 5 novembre à 6h du matin, pour expulser ces deux maisons, des
machines de démolition, ainsi que plus d'une centaine de représentant-es
des forces de l'ordre ont débarqué : huissier-es, policier-es, gardes
mobiles, RG, agent-es municipal-es, déménageur-euses, ouvrier-es,
dépanneur-euse, et autres représentant-es de l’État. Alors qu'à ce moment
là, nous n'étions que 6 personnes, 2 poules et un chat... cet arsenal
était complètement démesuré. Les flics ont forcé violemment la porte au
bélier et nous ont sorti-es de la maison. Il-elles ont donné l'ordre de
quitter les lieux immédiatement ; dans un second temps seulement, nous
avons obtenu de prendre quelques objets, mais pas la totalité. Alors
qu'on rassemblait des affaires, les keufs s'amusaient à casser des vitres
en se foutant de nos gueules ouvertement. Afin de nous empêcher de
prévenir du monde, un brouilleur d'ondes rendait les téléphones
inutilisables. Toute la ceinture verte étaient encadrée de flics. En fin
d'après-midi, les deux bâtisses, le jardin, les cabanes, le poulailler et
les arbres environnants n'étaient plus qu'un tas de gravats.

Cette expulsion était totalement innatendue : un procès en appel devait
avoir lieu en février (demandé par la DREAL, Direction Régionale de
l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement). Au moyen d'une
magouille particulièrement vicieuse (mais légale), l'expulsion s'est
faite au titre d' « occupants non identifiables » alors qu'il suffisait
de lire les noms présents sur la boite aux lettres depuis plus d'un mois.

Le traitement médiatique de cette expulsion a été déguelasse et ridicule.
Nous sommes révoltés d'avoir vu des photos de mises en scènes de
l'expulsion avec la complicité des gendarmes mobiles. Aussi, le
lendemain, une photo non floutées d'un des habitants a été publiée
(évidemment) sans son accord en première page d'un quotidien local. Une
fois les occupant-e-s expulsé-e-s, le préfet en a profité pour se pavaner
devant la maison se positionnant comme garant irréprochable du maintien
de l'ordre. Il a insisté sur l'aspect strictement légal de cette
expulsion alors qu'il-elles manipulent les lois et les faits à leur
avantage par ommission. Cette expulsion arrive à point nommé pour les
élu-e-s locaux, à quelques mois de la mascarade électorale des
municipales, dans une période teintée de scandales et de pressions
politiques pour la LEO.

Cette ocupation s'est réalisée dans le cadre de la lutte contre le projet
autoroutier LEO. Ce dernier prévoit de rejoindre les autoroutes A7 et A9,
en passant par la ceinture verte, l'une des dernières zones agricoles
extrêmement fertiles, en périphérie d'Avignon. Le 27 avril 2013, une
manif-occup a eu lieu pour faire connaître la lutte, suivie de 5 jours
d'occupation sur la zone. Depuis février, nous étions une quinzaine
d'habitant-e-s à la GangGraine, et depuis l'inauguration de la
Vis-la-Résistance, début mai, le collectif organisait de nombreux
événements : projections, concerts, cantines, débats, réunions... Le
collectif l'Horta cultivait des terres dans la zone. La particularité de
ce lieu était de se situer à 15min à vélo de la ville, tout en étant en
zone rurale. De nombreux liens avaient été tissés avec les voisin-e-s de
la zone.

Alors que les financements de la LEO n'arriveront qu'en 2030-2050, des
maisons sont rasées. En effet, cet été, une commission gouvernementale a
décidé de retirer les financements de l'état pour ce projet, le jugeant
non prioritaire, jusqu'à 2030 à 2050. Les élu-e-s locaux restent malgré
tout fermement attaché-e-s à ce projet. Terres agricoles et bâtiments
sont désormais expropriés alors que peut-être la LEO ne verra jamais le
jour. Une maison avait déjà été rasée en juillet 2013. Malgré le report
des financements, à coup de bulldozers, le tracé de la LEO se dessine,
anéantissant tout sur son passage.

Cette expulsion, malgré sa violence, ne sonne pas le glas de notre
collectif. On garde la patate !!!
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